Quelques statistiques pour vous faire réfléchir

Comme je vous l’ai mentionné dans mon dernier blogue, il est estimé que 90-95% des gens qui perdent du poids suite à un régime le reprennent dans les 2-5 années qui suivent, et qu’ils reprennent généralement plus de poids qu’ils en ont perdu. Est-ce que cela vous surprend?

Dans notre grande volonté de vouloir atteindre des standards de « beauté » qui sont inatteignables par environ 98% de la population, nous jetons notre argent par les fenêtres en investissant dans la plus récente découverte en matière de perte de poids. Avez-vous déjà calculé, pour le « plaisir » (lire ici; pour pleurer votre vie!), combien d’argent vous aviez investi dans l’industrie de la perte de poids, tout ça dans le but de finalement « rentrer dans le moule »? Je ne sais pas pour vous, mais pour ma part, j’ai dû dépenser des dizaines de milliers de dollars depuis les 25 dernières années à espérer devenir mince et enfin heureuse! Résultat? « Faillites » monétaire, émotionnelle et physique.

L’industrie de la perte de poids est exactement ça : une industrie! Et quel est le but d’une industrie? Le bien-être des gens ou le profit? Bien sûr! Imaginez à quel point les profits seraient minimes si les produits fonctionnaient du premier coup? Les régimes, pilules miracles, poudres, programmes et autres ne seraient nécessaires qu’une seule fois! Une fois leur clientèle-cible rendue mince et svelte, qu’adviendrait-il de ses compagnies? C’est la faillite assurée! C’est donc pour cette raison que toutes ces merveilleuses promesses ne sont en fait qu’une stratégie marketing pour vous faire consommer le produit plus d’une fois, parce que vous vous dites que si ça ne fonctionne pas, c’est sûrement de votre faute (et c’est souvent ce qu’on laisse sous-entendre pour vous culpabiliser davantage et vous pousser à investir à nouveau dans ce beau projet!).

Une autre statistique qui est venue me chercher vient d’une étude américaine qui dit que plutôt qu’être considérées comme « obèses » :

-30% des gens préfèreraient être divorcés;

-25% aimeraient mieux être incapables d’avoir des enfants;

-15% seraient prêts à mourir 10 ans plus tôt;

-15% choisiraient de vivre une dépression majeure;

-14% préfèreraient être alcooliques;

-5% choisiraient l’amputation d’un membre;

-4% aimeraient mieux être aveugles. (1)

Comment vous sentez-vous après avoir lu ceci? Pour ma part, ça me fâche de voir que la plupart des gens ont ce genre d’opinions! De voir à quel point les gens ont des préjugés si négatifs envers les personnes grosses qu’ils préfèreraient vivre des situations vraiment difficiles! Je ne suis pas en train de dire qu’une personne grosse ne vit rien de difficile, au contraire, mais vous comprendrez comme moi qu’il s’agit d’une discrimination assez incroyable qui nous montre à quel point on a du travail à faire pour renverser la vapeur et faire valoir que nous sommes tous égaux, peu importe notre poids ou notre silhouette.

On ne se le cachera pas, la société en général marginalise la personne qui a un « surplus de poids » en la mettant de côté (que ce soit pour un emploi, pour être choisi dans son équipe, etc.), en la traitant différemment (soins médicaux non appropriés, façon d’être abordé, etc.) ou en lui prêtant des qualificatifs qui ne sont pas vrais (paresse, gloutonnerie, manque d’intelligence, etc.). Le pire dans tout ça, c’est que les autres jugent avant même que la personne grosse n’ait ouvert la bouche ou n’ait démontré que ce qu’ils croient vrai ne l’est vraiment pas! Il y a vraiment beaucoup d’éducation à faire de ce côté-là.

Pour échapper à tous ces commentaires désobligeants, nous nous mettons dans une situation de stress autant physiologique que psychologique, en tentant par tous les moyens de perdre du poids pour avoir le sentiment d’être finalement acceptés. Une étude datant de 2016 démontrait qu’aux États-Unis, 68% des gens avaient fait au moins une diète dans leur vie (2), et une autre étude en 2008 laissaient voir que 65% des femmes entre 25 et 45 ans, toujours aux États-Unis, avaient une forme ou une autre de désordre alimentaire (anorexie, boulimie, hyperphagie, etc.)! (3)

Dans une recherche auprès de 170 000 adultes américains, les chercheurs ont demandé aux participants quel était leur poids actuel et ce qu’ils percevaient comme étant leur poids souhaité. Ils ont trouvé que la différence entre ces deux poids était un meilleur indicateur de la santé mentale et physique que l’IMC. En d’autres termes, l’insatisfaction, ou le fait de se sentir « gros », a une plus grande incidence sur la santé que le fait d’être « gros ». (4) Ce qui veut dire en bout de ligne que la perception qu’ont les gens de leur apparence à un plus grand impact sur leur santé que leur indice de masse corporelle (qui est un sujet que je vais aborder dans un autre article). Et qu’est-ce qui influence la perception qu’ont les gens d’eux-mêmes la majorité du temps? Ce que les autres pensent d’eux… Souvent, on croit que les petits commentaires par-ci par-là sont inoffensifs, mais il n’en est rien, nous en discuterons plus en détails une autre fois!

Dans le même ordre d’idées, si nous voulons conclure sur une note plus positive, je vous ai réservé des mythes et réalités sur le poids, question que vous ne restiez pas avec un goût amer en bouche suite à votre lecture!

Le problème, ce n’est pas le gras. Les régimes sont le problème. Une société qui rejette toute personne qui ne correspond pas en taille ou de par la forme de leur corps à un certain idéal impossible à atteindre est le problème. Un établissement médical qui dit que « minceur » est égal à « santé » est le problème. (5)

J’espère que j’ai su, avec mes propos, vous éclairer un peu plus sur la réalité derrière le poids et tout ce que ça implique. La grossophobie est de plus en plus décriée depuis quelque temps, et j’ose croire que nous allons réussir à l’enrayer, pour que tous puissent enfin vivre librement et sereinement, sans toujours avoir à se soucier de ce que les autres vont penser et de de ne plus toujours avoir l’impression que pour être en santé ou être « quelqu’un », il faut absolument être mince!

Comme à l’habitude, si jamais vous croyez que mes propos peuvent aider quelqu’un autour de vous, je vous invite à partager cet article, je crois sincèrement qu’en exposant tous ces faits, nous arriverons à faire tomber les préjugés à l’égard des personnes qui ne « correspondent pas » aux standards établis…

Références:

(1) “The influence of one’s own body weight on implicit and explicit anti-fat bias” https://onlinelibrary.wiley.com/doi/full/10.1038/oby.2006.58

(2) Harrison, Christy, Anti-Diet; Reclaim your time, money, well-being and happiness through intuitive eating (2019): p.6.

(3) Harrison, Christy, Anti-Diet; Reclaim your time, money, well-being and happiness through intuitive eating (2019): p.6-7.

(4) https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pmc/articles/PMC2253567/

(5) Bacon, Linda, Health at every size; the surprising truth about your weight (2010): quatrième de couverture.

 

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